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Danses du Moyen Âge

                                                                                                                                                

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La carole

La carole est certainement la forme de danse la plus répandue au Moyen Âge, tellement bien inscrite dans les mœurs que personne ne prend la peine de la décrire. Tout le monde danse la carole, jeunes et moins jeunes. Elle est pratique courante chez les bacheliers, occupe une place importante dans les noces, les tournois, bref toutes les occasions importantes. Une ville accueille-t-elle un visiteur de marque ? La population se répand en caroles dans les rues. La carole se présente généralement sous forme de chaîne ouverte ou fermée, ce en quoi elle est liée, parfois confondue (même dans les textes anciens) avec la « tresque ». On y trouve danseurs et danseuses, même si les femmes y occupent une place prépondérante. L'initiative de commencer la carole leur appartient, et ce sont elles qui chantent pour mener la danse. Les caroles accompagnées aux instruments de musique sont plus rarement attestées. Si le terme apparaît dès le XIIe  siècle dans les textes, nous ne disposons par contre d'aucune information sur les aspects moteurs et extrapoler sur la base des danses postérieures comme le branle reste très hypothétique voire sans fondement.

 

 

La chorea, danse en forme de ronde fermée ou ouverte (excécutée sans se toucher) est fort pratiquée sous le nom de CAROLE (exécutée en se tenant la main ou le coude, et ce jusqu'au XVIIIe s.). La carole est une danse spontanée, une ronde un minimum organisée. Le meneur lance un refrain, l'ensemble reprend. (Méraugis) N'importe qui peu danser la Carole, il suffit de marquer un rythme simple.

 La première danse "mesurée"

Les classes culturellement développées et les classes dominantes inventent un mode de danser à structure variable, sur une musique changeante : la danse "mesurée". Une diversité et une recherche de beauté commencent à ordonner le mouvement. On danse en accord avec la musique et la poésie tout en recherchant équilibre et raffinement. La connaissance des règles et une éducation de l'oreille devient nécessaire; la danse mesurée se distingue alors des danses populaires.

On peut classer ces danses en deux groupes :

- les danses à tempo vif, trotto et sauterelle, plus tard nommée saltarelle;

- les danses à tempo modéré : ductia, nota, estampie. On enchaîne volontierds une danse à tempo modéré et une danse à tempo vif.

 

La mômerie

Au XIIIe s., un genre nouveau apparaît et va déterminer la future forme du ballet-théâtre : la momerie (de momer : se déguiser et monon : masque - mascherata : mascarade chez les italiens). C'est une sorte de carole burlesque où les participants sont masqués et déguisés. Au XIVe s'organise une forme de spectacle avec des décors montés sur des chariots. Les momons (danseurs) représentent une action dansée, mimée, déclamée, chantée avec participation d'une formation musicale. ils dansaient la morisque. La momerie devient un spectacle lorsqu'elle est utilisée comme divertissement, comme "entremet", entre les servives d'un banquet-

 

La moresque

La moresque (ou morisque ou mauresque) est une danse du Moyen Âge, au rythme binaire et vif, importée par les Maures d'Espagne. On la rencontre pour la première fois à Lérida en 1150, puis elle apparaît en Italie dès le xve siècle et subsiste jusqu'au xviie. Claudio Monteverdi en donne une version chantée à la fin de son opéra l'Orfeo (1607). En France, Thoinot Arbeau l'évoque dans son Orchésographie (1588), comme étant une danse répandue à travers l'Europe.
Elle se présente sous deux formes :
 - en solo, comme danse de cour
 - en couple ou en groupe, comme danse de combat à l'épée ou au bâton.
Comme danse traditionnelle, on la retrouve, sous des formes parfois différentes mais avec des caractéristiques similaires, de la Macédoine à l'Angleterre, en passant par l'île de Korčula (en croate « moreška »), l'Italie et l'Allemagne.
Les Morisques (de l'espagnol Morisco, littéralement « petit maure ») étaient des musulmans d'Espagne convertis de gré ou de force au catholicisme à la suite des édits de conversion de 1502. La moresque, morisque, mauresque ou moresca est une danse qui apparait au XVème siècle et à comme sont étymologie l’indique des origines maures ou morisque. Cette forme de danse va se professionnaliser et être exécutée par des danseurs avertis lors de grands festins. Très à la « mode » ils vont s’avérer comme des spectacles de choix à la cour. Nous retrouvons cette forme de danse sur de nombreuses représentations iconographiques de l’époque. C’est une danse ou l’effet visuel est de mise et tient une place prépondérante. En effet, tous les attributs pouvant théâtraliser cette danse sont utilisés : improvisations, grands effets de jambes et gestuel de la main soutenu, costumes de scènes, coiffes et accessoires divers comme l’épée pouvant simuler un combat (moresques à l’épée).Selon les accessoires et la nature des costumes ces danses vont portées le nom de : moresques d’hommes sauvages, moresque aux arceaux de fleurs etc. Fixés aux mollets des danseurs les grelots occupent une place importante dans cette dance, ils cadencent la mesure par une suite de frappes du pied.

 

La configuration de cette danse théâtralisée peut se présente sous cette forme : 

Une femme portant un accessoire ou un costume symbolisant la féminité dans sa forme « tentatrice » (pomme, anneaux, miroir, serpent).Un musicien jouant De la flute et battant la mesure sur un petit tambour (tabor).Des hommes (jeunes amoureux, vieux beaux et paysans robustes) symbolisant les différentes couches sociales. Ceux ci dont le nombre varie de trois a une dizaine d’individus accompagnent la danseuse moresque et enfin un bouffon symbolisant la marginalité ou la folie portant sa marotte. La mise en scène est celle-ci : les hommes convoitent tour à tour les faveurs de la femme combattant les uns avec les autres tout en empêchant le bouffon de séduire celle-ci et de la posséder. Cette forme de spectacle à traversée les siècles et est encore dansée de nos jours comme par exemple la moresque provençale. 



Le branle

 Danse française apparue à l’aube de la Renaissance. C’est une danse en chaîne, ou l’on se tient par la main, garçons et filles alternés. Les danseurs forment une ligne et progressent latéralement au rythme de la musique. Il existe deux grands types de branles 

-Le branle simple : deux pas de taille normale sur la gauche, un petit pas sur la droite, après chaque pas, les pieds sont joints.

- branle double : deux pas de taille normale sur la gauche, deux petits pas sur la droite. La majorité des branles sont de rythme binaire mais certain peuvent être ternaire. Les branles ont de nombreuses variantes et sont spécifiques à chaque région

 Danse et composition musicale noble et lente à rythme binaire. C’est une danse de couple, l’homme à gauche et la femme à droite posant sa main sur celle de son cavalier. Le caractère est noble, grave, majestueux, cérémonieux, voire pompeux. La pavane consiste en deux simples un double avant (marche), suivis des mêmes en arrière (démarche).Elle peut s’exécuter en cortège de parade.On retrouve cette danse dans l’Orchésographie de Thoinot Arbeau (1569). Cette danse Renaissance serait originaire de la ville de Padoue et dériverai de PAVA qui désigne un “PAON” en Espagnol.Elle est associée à d’autres danses telles que la Saltarelle et la Gaillarde.

Musiciens moyenage


La saltarelle

Le Saltarello (en français la saltarelle) était une danse joyeuse et vivante qui s'est développée à partir de la gaillarde de Naples, dans le courant du XIIIe siècle en Italie. Les recueils de danses de Pierre Attaingnant et de Pierre Phalèse contiennent plusieurs saltarelles. C'est une danse à trois temps, nommée a partir d'un de ses pas particulier, d'après le verbe italien saltare (sauter).

Le saltarello jouissait d'une grande popularité au sein des cours d'Europe médiévale. Au xve siècle le mot « saltarello » devint le nom d'un pas de danse particulier, et le nom d'une mesure de musique. Plus tard le saltarello donnera naissance au « quadernaria » (pas à quatre temps) en Allemagne, avant de fusionner dans le « saltarello tedesco » - le saltarello allemand - en Italie. Le compositeur Felix Mendelssohn inclut le saltarello dans le mouvement final de sa symphonie italienne.

Danse d’origine Vénitienne XIII éme proche de la Tarentelle.Danse paysanne et populaire très appréciée par la cour à partir du XV ème pour son caractère enjoué. Le rythme est vif et ternaire.Une de ses spécificités est le pas sauté qui à donnée le nom de Saltarello en Italien (saltarer- sauter). 


La gaillarde

La gaillarde est une danse de couple à trois temps (en mesure 3/2, 3/8 ou 6/8) apparue en Lombardie vers 1480. Face à la solennelle basse danse, elle gagne rapidement du terrain et devient une danse de bal très appréciée au XVIe siècle, suivant ordinairement la pavane dans les suites de danses. Parfois appelée « romanesca » (c'est-à-dire alla maniera di Roma), elle se répand dans toute l'Europe entre 1550 et 1650. Liée au saltarello ancien et apparentée au tourdion, dans une forme plus lente et plus élevée, elle comporte cinq pas (cinque passi) de base : trois « sauts mineurs », un « saut majeur » et une « cadence ». Fabritio Caroso (1581) et Cesare Negri (1604) furent les premiers à la décrire.

 En 1589, Thoinot Arbeau donne l'air et la description de plusieurs gaillardes dans son Orchésographie -Claude Gervaise a publié plusieurs gaillardes dans ses Recueils de danceries édités par Pierre Attaingnant (1550-1557), dont la Gaillarde de la guerre et la Gaillarde du ton de la guerre. Danse rapide à trois temps certainement d’origine Italienne. C’est une danse de bal à cinq pas, très apprécié au XVI éme qui suit la pavane dans son éxécution.

Le tourdion

Le tourdion (ou tordion) est une danse de couple rapide, légèrement sautée, constituant l'un des éléments de la basse danse. En vogue en France au début du xvie siècle, le tourdion disparaît avant la fin du siècle. Popularisé par Pierre Attaignant dans un recueil publié en 1530, le tourdion a subsisté comme chanson à boire :

Quand je bois du vin clairet

Ami tout tourne, tourne, tourne, tourne

Aussi désormais je bois Anjou ou Arbois

Chantons et buvons, à ce flacon faisons la guerre

Chantons et buvons, les amis, buvons donc !

Thoinot Arbeau donne la première description complète du tourdion dans son Orchésographie publiée en 1589 : Danse du XVI ème en France, rapide et en couple légèrement sauté faisant partie de la basse danse. 


La volte

Danse proche de la gaillarde dans son exécution vive et tournoyante. Elle serait à l’origine de la valse. C’est une danse ternaire d’origine provençale du XVI ème au XVII ème qui se danse en couple.


La tresque

La basse danse ou bassedanse est une danse de bal de couple, lente et majestueuse, d'où son nom de danse basse, par opposition à la danse haute, plus vive et sautillante. La basse danse apparaît dans les cours européennes au début du xve siècle et cesse d'être à la mode à la fin du xvie siècle ou au début du xviie siècle.
Décrite vers 1455 par Domenico da Piacenza et par ses successeurs Guglielmo Ebreo et Antonio Cornazzano, la basse danse devient populaire en France quelques années plus tard et est abondamment décrite dans deux ouvrages principaux : le Manuscrit des basses danses dit de Marie de Bourgogne (vers 1495) et l'Art et instruction de bien dancer de Michel Toulouse (vers 1496).
La basse danse est formée de plusieurs pas combinés à l'infini en différentes mesures. Danse médiévale en chaine du XIV ème d’origine Italienne s’apparentant au farandole de nos jours.La musique et les chants accompagnent cette danse.


L'estampie

L'estampie est une danse médiévale, attestée dès le XIIe  siècle. L'étymologie du terme est contestée et plusieurs pistes sont ouvertes, dont stampen en germanique (frapper du pied ou piler dans un mortier) et stampir en provençal (battre du pied)-Quelques poèmes du V ème siècle aussi intitulés estampies, mais sans aucune musique notée, sont peut-être des contrafacta à chanter sur des estampies connues. Le traité intitulé Musica vulgaris de Johannes de Grocheo décrit explicitement des estampies (stantipes) vocales et instrumentales. Robertus de Handlo en parle également dans ses Regule comme de pièces utilisant essentiellement des valeurs rythmiques très rapides.

La seule source existante de paroles d'estampies vocales est le Ms Douce 308 de la Bodleian Library d'Oxford et peuvent être consultées dans un recueil à part ou dans l'édition complète de ce manuscrit. Kalenda Maya, une chanson du troubadour Raimbaut de Vaqueiras est regardée comme un possible contrafactum de ce type, si l'on en croit la vida de l'auteur qui raconte que Raimbaut ajouta ces paroles à une estampie jouée en sa présence par des viélistes itinérants. Il s'agit là d'une des cinq estampies provençales connues, avec les quatre autres de Cerverí de Girone conservées, hélas, sans musique.

Les trois sources principales d'estampies instrumentales sont :
 - le manuscrit français 844 de la Bibliothèque nationale de France dit Chansonnier du Roi (XIIIe - XIVe siècle)
 - les estampies italiennes du manuscrit Additional 29987 de la British Library (XIVe  siècle)
 - deux estampies polyphoniques complètes et un fragment en tablature d'orgue du codex de Robertsbridge de la British Library (XIVe siècle).

Theatre


Parmi les sources secondaires, il faut citer deux ténors de Motets du manuscrit de Montpellier (XIIIe  siècle) intitulés Chose Tassin (trois fragments) et Chose Loyset (un fragment). Ces lignes mélodiques au rythme allongé pour servir de support à la composition de discantus (polyphonies supérieures) ont une forme en ouvert/clos et un profil qui rappelle fortement les estampies du Chansonnier du Roi, et constituent chacune un punctum cohérent. De plus, un danseur d'estampie du nom de Tassin est déjà répertorié dans les sources médiévales. Toutes ces raisons conduisent à penser qu'il s'agirait là de courts fragments d'estampies aujourd'hui perdues peut-être composées par Tassin et Loyset.
L'état actuel de la recherche musicologique ne permet pas de confirmer quelque hypothèse que ce soit sur l'origine, la compilation, le mode de transmission ou d'exécution de ce répertoire. La musique populaire n'étant pas notée au Moyen Âge (la notation demandait une solide formation), il semble plus plausible que les estampies qui ont survécu soient le reflet d'une tradition musicale savante. Certains textes mentionnent cette danse en liaison avec les habitudes de courtoisie et de bienséance de la société raffinée de l'époque (Le Décaméron de Boccace).
L'estampie a une structure fixe composée de plusieurs puncti, qui semble être un terme générique pour désigner une phrase. Chaque phrase se joue deux fois, la première finit par une formule appelant une reprise intitulée ouvert et la seconde par une formule conclusive appelée clos. Ce trait est très courant dans la musique vocale de l'époque. En principe, les ouvert et les clos sont identiques pour tous les puncti d'une même estampie. Les textes ne nous laissent que peu de témoignages permettant d'imaginer la façon dont ces pièces étaient exécutées, et les restitutions actuelles tentent diverses solutions plus ou moins vraisemblables.
Possible précurseur de la basse danse, l'estampie se transforma peu à peu et ne fut plus guère dansée à partir de la Renaissance.

 

La tarentelle

La tarentelle est une forme musicale traditionnelle provenant du Sud de l'Italie. Connue dès le XVIIe  siècle, elle a probablement des racines bien plus anciennes dans le culte des dieux antiques : certains chercheurs y voient une lointaine descendance des rites dionysiaques-

 

 


Particulièrement vivante, cette mélodie en 6/8, accompagnée d'une danse entrainante et joyeuse, était jouée au cours de cérémonies qui pouvaient durer des journées entières, afin de guérir ceux que l'on croyait être victimes de morsure d'une araignée légendaire, la tarentule. Les qualités thérapeutiques qu'on leur prêtait étaient également un prétexte afin de perpétuer des danses d'origines païennes dans l'Italie catholique rigoriste du XVIIe siècle.
Le ballet de Jean Coralli, La Tarentule (1839), a beaucoup contribué à la popularisation de la tarentelle au xixe siècle.
Ces cérémonies populaires ont quasiment disparu depuis le milieu du xxe siècle, mais depuis quelques années des chanteurs et formations de musique ancienne redécouvrent les tarentelles et les ajoutent à leur répertoire : citons par exemple Eugenio Bennato ou Christina Pluhar et son groupe L'Arpeggiata.
Citons également I Cantori di Carpino, groupe traditionnel du Gargano (dans le Sud de l'Italie) qui perpétue depuis plusieurs dizaines d'années cette tradition musicale.

 

Source

 Paul Bourcier, Histoire de la danse en Occident. Paris, Seuil, 1978

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Commentaires (1)

1. 03/12/2010

Thoinot d'Arbeau a fait un travail remarquable pour la danse Renaissance, c'est le document le plus ancien et le plus complet dont nous disposons.

Pour le Moyen-Age, il faut mener un travail d'enquête approfondi, en utilisant tous les supports disponibles : récits, gravures, musiques, etc. pour reconstituer ce que pouvaient être les danses de l'époque. Je recommande de consulter les travaux de Catherine Ingrassia dans sa thèse de doctorat d'histoire de l'art (Sorbonne) qui traite précisément de ce sujet.

Des chorégraphies reconstituées par elle et Christophe Deslignes sont aujourd'hui disponibles dans les livres "La danse médiévale" vol 1 et 2
http://ladansemedievale.free.fr/

Des stages très bien faits sont régulièrement organisés par Christophe Deslignes (le monsieur barbu qui danse dans la vidéo de saltarelle, n°2)

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Date de dernière mise à jour : 05/01/2014